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19/11/2014

UZÈS: COMMENT PEUT-ON AUJOURD'HUI ENCORE MOURIR DANS LA RUE ?

Un témoignage à la fois poignant et édifiant nous est parvenu concernant la mort de James, SDF vivant à Uzès, et décédé dans le parc du Duché. M. Dumond s'adresse, à travers sa lettre, aux représentant de l'État, aux associations et à la presse, et demande "une réaction plus importante des autorités concernées"... : Lettre de M. Dumond.pdf

Le témoignage de M. Dumond, rempli de bonne volonté, nous laisse sans voix. Comment est-il encore possible aujourd’hui qu’une personne sans domicile puisse mourir dehors, sans que personne ne prenne la mesure exacte du danger imminent de mort dont elle est victime ?

Non seulement la ville d’Uzès ne dispose pas d’un centre d’hébergement d’urgence, mais aucune procédure cadre n’existe, qui soit connue de tous les services et  de tous les employés municipaux, afin de palier rapidement cette absence et ainsi de passer le relais et de donner l’alerte aux personnes ad hoc compétentes dans les secours.

L’urgence sociale et sanitaire a certainement été envisagée, difficilement prise en main, mais en tous cas envisagée. Mais absolument pas l’urgence vitale.

Comment cet homme, sans abri, sous la pluie, visiblement en grand état de fatigue n’a-t-il pas plus alerté sur le danger de mort imminente qu’il représentait ? Comment, malgré l’alerte donnée par M. Dumond après avoir frappé frappé à différentes portes, les premières réactions ont-elles simplement pu être de lui chercher une tente, plutôt que de contacter les secours (ils sont pourtant nombreux : 15, 18, 112, 115) afin que cet homme puisse rapidement bénéficier d’une prise en charge médicale, d’une hospitalisation ? Comment se fait-il que personne ne se soit rendu sur place afin de faire un premier bilan de la situation et de l’urgence ? Comment un simple principe de précaution n’a-t-il pas suffit à faire réagir des hommes et des femmes pourtant impliqués et engagés pour leur ville ?

Uzès est-elle si protégée dans son bel écrin qu’elle pense encore que la pauvreté et la détresse ne sont pas à sa porte, et même en son sein ? 

Il serait temps que la ville d’Uzès sorte de son déni et agisse pout tous ses habitants : laisser mourir des hommes et des femmes dans la rue est indigne. Laisser les employées de mairie gérer une situation pour laquelle elles n’ont reçu aucune consigne, pour laquelle aucune procédure rapide n’a été clairement établie est indigne. Que la Croix Rouge ne puisse elle-même savoir comment réagir parce que rien n’est prévu sur la ville pour ces situations de détresse est indigne. Considérer qu’Uzès n’est pas elle aussi touchée par la pauvreté, la misère et la détresse est indigne. Ne pas réagir à cette mort dramatique serait indigne.

La municipalité se doit aujourd’hui de mettre en place un protocole qui permette à la fois aux citoyens, aux associations et aux différents services de la ville de pouvoir réagir rapidement face à de nouvelles détresses sociales, humaines, vitales. Voire de proposer un lieu d’accueil d’urgence où des sans domicile fixe pourraient s’abriter lors de telles intempéries ou aux périodes de grands froids. La mort de cet homme doit être l’alerte de trop qui nous permette à tous de réagir pour que cela ne se reproduise plus.

Il est temps, M. le Maire, d’être le maire de tous les uzétiens…

 

Commentaires

Bonjour, Je n'ai pas l'habitude de laisser de message mais là, je ne peux rester sans réaction. Je viens de lire ce témoignage et je ne peux m'empêcher de crier. Comment cela est-il possible? Je rejoins Mr Dumond dans son indignation. En effet, il y a bien non assistance à personne en danger. Une action doit être engagée.Je me pose la question suivante : Si une personne ayant un domicile avait été retrouvée morte dans la rue, n'y aurait-il pas eu une enquête? Quelle est cette société où l'on considère la personne en fonction de son adresse postale?
Je suis très triste de l'issue de cette histoire.Que faire?

Écrit par : Claudine Masseux | 19/11/2014

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