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14/10/2015

Solidarité s'écrit au singulier

 

 

 

Il pleut. Fort. Un homme hésite à sortir. Son chien le regarde avec cet air que savent si bien prendre les chiens quand ils veulent nous faire craquer. L'homme sort alors sous la pluie pour aller acheter des croquettes. Voix off "ce que vous faites pour votre chien vous ne le faites pour personne d'autre". Coupez… tout est dit.
Se mêlent alors dans ma tête des images : coquilles de noix surchargées qui coulent, enfants que l'on jette par-dessus les barbelés, longues files d'exode sur les routes… et des voix : pas de ça chez nous, on va nous envahir, ils viennent toucher l'argent que l'on distribue si facilement.
Faut-il être fou pour risquer sa vie et celle de sa famille pour les 350 € (et oui, chiffre officiel) qu'ils toucheront dans quelques mois (l'administration est lente) si ils sont reconnus réfugiés politiques (bonne chance pour le parcours). En attendant ils peuvent toujours mourir aux portes de l'Europe et s'ils ne sont pas contents qu'ils retournent donc chez eux entre les armes chimiques de Bachar et les couteaux de Daesh.
"Mais nous avons nos pauvres nous madame, occupons-nous d'eux d'abord". Excellente idée ça. Surtout ne vous gênez pas, laissez parler votre générosité à leur égard.
Dans ces temps troublés nos pauvres deviennent un bel alibi. Ils ne sont plus tout d'un coup ces assistés chroniques pompant les allocations diverses et variées que les bons français travailleurs leur allouent par leurs impôts. Veinards, ils viennent de changer de statut et réveillent l'esprit de solidarité de leurs concitoyens. Tant mieux. Tout élan de générosité est bon à prendre dans toutes les directions.
Dieu merci (tiens où est-il passé celui-là?) chacun reste libre de ses choix et aider les uns n'oblige pas à laisser crever les autres. Que ceux qui se sentent concernés par ce qui se passe à nos portes se mobilisent.
Oui, la France peut accueillir. Oui, on n'est pas obligé de fermer les yeux.
Comme toujours l'histoire nous rendra compte un jour, mais cela, c'est pour demain . Aujourd'hui, regroupons les bonnes volontés. Interpellons nos élus, chacun peut faire quelque chose à son niveau et c'est la communauté toute entière qui en sortira grandie.

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